La Tôei – Histoire des grands studios japonais, 3e volet
「日本映画史を作った大手会社シリーズ3:東映の歴史」
Du jeudi 21 janvier au samedi 20 mars
Fondée en 1951 par la fusion - symbolisée par la forme triangulaire de son logo - de trois petites compagnies de distribution et de production (Tôkyô Eiga, Ôizumi Eiga et Tôyoko Eiga), la Tôei est la plus jeune des six majors du cinéma japonais.
Pourtant, en moins de dix ans, elle va devenir un empire géré à l’hollywoodienne sous la houlette de son président-producteur, Hiroshi Ôkawa, qui fit le pari de relancer le jidaigeki (films de samouraïs), genre qui était tombé quasiment en désuétude depuis que l’occupant américain en avait interdit les attributs les plus virils : loyauté indéfectible envers son seigneur, code d’honneur, combats de sabre. Le succès est au rendez-vous et, avec les monstres sacrés de l’avant-guerre – Chiezô Kataoka, Utaemon Ichikawa, Ryûnosuke Tsukigata, Ryûtarô Ôtomo – et les nouvelles stars du genre – Kinnosuke Nakamura, Hashizô Ôkawa, la Tôei va écraser ses concurrentes en monopilisant jusqu’à 50% du marché en termes de production et de fréquentation.
Homme d’affaires intransigeant, Hiroshi Ôkawa fut aussi un visionnaire : sentant, à l’orée des années 1960, que le jidaigeki ne ferait bientôt plus recette, il invente de toutes pièces un nouveau genre, le film de yakuzas dont la grande originalité est d’avoir su transposer dans la société moderne les codes éternels du jidaigeki.
Nouvelle victoire pour la Tôei qui, avec le film de yakuzas décliné en innombrables sous-genres, va imposer un rythme de production que les autres majors ne pourront bientôt plus suivre. Après la télévision et l’essor de la société des loisirs, la puissance dominatrice de "l’Empire Tôei" est peut-être la troisième cause de l’effondrement brutal, en 1970, du système des studios japonais.
Table ronde-cinéma
Le Bateau-usine de Takiji Kobayashi :
témoin de l’histoire, symbole d’aujourd’hui
プロレタリア文学の名作『蟹工船』の現代性
Samedi 30 janvier de 14h à 18h, entrée libre
Autres projections du film (Petite salle) : jeudi 4 février et samedi 6 février à 20h, entrée libre
Le Bateau-usine (Kanikôsen, 1929) de Takiji Kobayashi (1903-1933) raconte l’épopée de trois cents hommes envoyés en mer d’Okhotsk pour pêcher le crabe et en faire des conserves. A travers le microcosme de leur bateau-usine, l’auteur dénonce le capitalisme en tant que système. Ce chef-d’œuvre de la littérature prolétarienne connaît aujourd’hui un fort regain d’intérêt, contemporain d’une prise de conscience des nouvelles inégalités sociales au Japon, entrainant la sortie de plusieurs films, pièce de théâtre, manga, etc.
Une œuvre engagée et avant-gardiste, plus que jamais d’actualité.
Kobayashi Takiji est l’une des figures majeures de la littérature prolétarienne de l’entre-deux-guerres. Sous la répression anti-communiste, il meurt torturé par la police en 1933, à l’âge de 29 ans.
Table ronde-cinéma
Le "Syndrome de Paris"
パリ症候群とは何か
Samedi 27 mars de 15h à 18h, entrée libre
Qu’est-ce que le syndrome de Paris ? Un banal choc culturel dû au fossé entre la réalité du terrain et l’image idéalisée de Paris entretenue par une presse de mode très influente sur la jeunesse japonaise ? Ou bien une véritable pathologie dont souffrent certains individus séjournant depuis un certain temps en France ? Pour Saé Shimai, réalisatrice, cette pathologie serait liée à une inaptitude à communiquer caractéristique de la culture japonaise. En abordant les concepts très japonais de seken (le qu’en-dira-t-on), kûki (ambiance), ba (le lieu), honne (ce que l’on pense vraiment) ou encore tatemae (ce que l’on doit dire ou faire), cette table ronde sera l’occasion de confronter divers points de vue et de réfléchir à ce que pourrait être une "internationalisation" des Japonais.
Attention : les projections du Couvent de la Bête sacrée viennent d’être annulées. Il s’agit des dates suivantes :
Samedi 30 janvier à 15h00
Vendredi 19 mars à 17h00
Source : communiqué de presse