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Still Walking
lundi 4 mai 2009, par
Après Nobody Knows, sur l’absence d’une mère, Kore Eda continue d’explorer le thème de la mort avec Still Walking où l’anniversaire de la disparition du fils aîné devient le prétexte de retrouvailles..
La mort, la disparition, le manque sont des thèmes récurrents dans le cinéma. La mort de l’enfant aimé est un sujet délicat. Il est au centre d’un autre film, Stand by me, où le plus jeune fils fait tout pour être aimé de ses parents sans jamais y arriver. L’aîné est un objet de culte d’autant plus fort qu’il n’est plus là pour ternir sa propre image. Les souvenirs embellissent le passé au détriment du présent.

Même schéma dans Still Walking , les parents n’acceptent pas la mort de leur fils aîné, celui qui devait succéder au père en tant que médecin, celui qui avait les bonnes réparties, celui que l’on aimait par-dessus tout. Difficile dans ces conditions pour le cadet de trouver sa place.
Comme Naruse, Kore Edea conte une histoire familiale difficile, où les non-dits et les rancœurs sont autant d’obstacles à la communication. Chacun s’enferme dans ce qu’il croit être aux yeux des autres. Le père en médecin retraité taciturne, s’enfermant des heures durant dans son cabinet médical, le fils en bon à rien car n’ayant pas fait d’études de médecine, la fille en mère de famille épanouie, la mère en cuisinière joviale.
Cette mère qui n’est autre que la mère nourricière transmettant son amour en cuisinant et en inventant de nouvelle recettes, comme on invente de nouvelles façons d’aimer. Mais qui est capable d’une terrible haine contre ce gosse sauvé des eaux par son fils, elle se venge chaque année en l’invitant, et elle déguste cette vengeance si froide mais si nécessaire.

Kore Edea compose certains de ces plans comme des tableaux, des photographies. Le temps s’arrête ce jour où il est mort, l’image s’arrête sur un carreau de salle de bain cassé, une porte ouverte, des cris d’enfants. Le temps s’arrête mais l’absence est toujours là. Le temps s’arrête mais non l’usure qu’il provoque sur le monde.
Un papillon, un cimetière, des beignets, la vie est composée de tant de choses si insignifiantes et en même temps si importantes aux yeux de ceux qui les vivent. La mort accidentelle d’un enfant est une souffrance sans nom.
Kore Eda n’oublie pas les problèmes sociaux que rencontre toute famille, tels que le chômage ou le remariage. Il en fait les causes de la dislocation des rapports familiaux.

Que reste-t-il d’un être perdu ? Que reste-t-il de nos relations avec nos parents ? De ces promesses non tenues ? De ces mots jamais prononcés ?
Titre original : Aruitemo, Aruitemo Réalisation : Kore-Eda Hirokazu Scénario : Kore-Eda Hirokazu Musique : Gontiti Photographie : Yutaka Yamazaki, Eiji Oshita Interprétation : Hiroshi Abe, Yoshio Harada, Kirin Kiki Pays : Japon Genre : Drame Durée : 1h 55min Année de production : 2008 Date de sortie : 22 Avril 2009 Distribution : Pyramide Distribution Images © Pyramide Distribution
