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par Pierre Fonsagrive, lundi 9 février 2009
Sept Vies


Will Smith joue un ange gardien qui dispense sa bienveillance à des personnes défavorisées, sans qu’il soit bien possible de saisir ses motivations. C’est un scénario qui n’est pas franchement nouveau mais dont le sujet laisse la porte ouverte à suffisamment d’approches différentes pour qu’on puisse continuer à en explorer les variantes.

Une des idées ici est de ne pas tout de suite en faire un saint : il traite avec un mépris infect un aveugle en ouverture du film. Les pistes sont brouillées et on a bien du mal à concevoir ce qui pourra par la suite justifier un tel comportement. Cet ange – le mot est compris ici dans son acception la plus large : c’est avant tout l’absence de réelle identité lié au besoin du personnage d’accomplir une mission bien particulière qui vaut cet emploi – qui vient juger des gens qu’il ne connaît pas, choisis sans qu’on sache bien comment, et s’assurer qu’ils sont dignes de sa considération ("Je veux savoir si vous êtes une bonne personne", s’échine-t-il à répéter) déplaît en premier lieu, comme n’importe quel moralisateur. Sa providence est sélective et ses façons de faire ont un petit goût de cruauté. Puis, retour de bâton, son assurance se délite. L’ange l’a mauvaise.

On pressent quelque chose d’intéressant, malheureusement l’altruisme angélique du héros revient aussitôt lisser les contours. C’est le problème. Il n’a pas à donner d’explications, qu’il fasse le bien ou le mal, convaincu qu’il est, et le spectateur avec, qu’il est toute légitimité et qu’on saura bien assez tôt de quoi il retourne. On ne doute jamais du bien-fondé de ses actes, quels qu’ils soient. Pour conséquence : de la générosité sans humilité, des services rendus clandestinement pour mieux briller ensuite en plein jour, une supériorité trop nette sur les autres. Il n’est finalement jamais autant ange que lorsque ce qu’il offre tient du miracle : se réveiller un matin et voir que son eldorado personnel attend là, prêt à être contemplé, touché, éprouvé. C’est que pour lui tout est facile, rien n’est étranger à son savoir ; il est capable de tout. Ainsi, comme souvent dans ce type de schéma, à trop vouloir jouer la modestie, il reste surtout beaucoup de suffisance. C’est dommage, on voit poindre à quelques moments un personnage plus riche.

Titre original : Seven Pounds Réalisation : Gabriele Muccino Scénario : Grant Nieporte Musique : Angelo Milli Interprétation : Will Smith, Rosario Dawson Pays : Etats Unis Genre : Drame Durée : 2h03 Année de production : 2009 Date de sortie : 14/01/09 Distribution : Sony Pictures Releasing France

Pour aller plus loin :
Article de Laurie Ashlé sur Sept Vies