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par Baptiste Lusson, lundi 9 juillet 2007
Coffret Mizoguchi les années 40


Mizoguchi est indéniablement un des plus grands cinéastes japonais ; surtout connu pour ses réalisations des années 50 telles que Les Contes de la lune vague après la pluie (1953) ou La Vie d’O’Haru femme galante (1952), il n’en est pas moins un cinéaste bien plus prolixe. Carlotta a sorti un magnifique coffret contenant cinq films des années 40, période fondatrice pour Mizoguchi et pour le cinéma japonais mais peu connu du public occidental.

Kenji Mizoguchi a commencé sa carrière en 1922 avec le film Le Jour où l’amour revint. Il réalisa 89 films durant sa carrière, jusqu’à son décès, en 1956. Auteur engagé, ses idées étaient proches du socialisme tel qu’il était avant 1945, ce qui lui a valu quelques censures. Le coffret permet d’assouvir notre curiosité en découvrant cinq films rares : Cinq femmes autour d’Utamaro (1946) ; L’Epée Bijomaru (1945) ; L’Amour de l’actrice Sumako (1947) ; Les Femmes de la nuit (1948) et Flamme de mon amour (1949). Chacun d’eux est une leçon de cinéma.

Cinq femmes autour d’Utamaro

Le Japon sort meurtri de la guerre et de la dictature militaire où tout cinéaste se devait de réaliser des films de propagande et d’apologie guerrière. Mizoguchi n’échappe pas à cette obligation mais détourne le sujet dans son film L’Épée de Bijomaru pour encenser le travail artisanal et les métiers artistiques, sujet qui reviendra dans Cinq femmes autour d’Utamaro et L’Amour de l’actrice Sumako. La passion entourant la création d’une Å“uvre d’art est un thème récurrent chez Kenji Mizoguchi, comme s’il nous parlait de lui-même.

Mizoguchi est un cinéaste engagé contre la guerre, mais également contre la société masculine japonaise qui fait de la femme un objet. Son entourage était très féminin, ce qui a certainement eu une influence dans sa perception de la société du Japon. Les films Les Femmes de la nuit, récit d’une extraordinaire dureté sur la prostitution féminin au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, et Flamme de mon amour, sur la vie d’une jeune militante féministe, marquent le début de cet engagement ouvertement féministe que, malgré tout, l’on sentait déjà dans Cinq femmes autour d’Utamaro, où les personnages féminins prennent en main leur destin.

Flamme de mon amour

Les textes de Jean Douchet ainsi que les entretiens avec Charles Tesson, Hélène Bayou et Kaneto Shindô représentent des sources d’informations très riches permettant de comprendre l’évolution du cinéaste tant dans son époque que dans sa personnalité cinématographique.
Que l’on soit passionné de cinéma asiatique, cinéphile ou simple amateur, ce coffret a sa place dans toute dvdthèque qui se respecte.

Réalisation : Kenji Mizoguchi Editeur : Carlotta Langue 1 : Version originale Sous-titrage : français Format image : 4/3 Support : simple face double couche

Pour aller plus loin :
Voir aussi l’analyse sur DVDClassik