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par Laurie Haslé, lundi 30 juin 2008
Diary of the Dead - Chronique des morts-vivants


A l’âge de 68 ans, le réalisateur de la saga zombiesque entamée par la Nuit des Morts-Vivants en 1968 ne compte pas mettre sa caméra au placard. George A. Romero se met au goût du jour en réalisant Diary of the Dead, pour lequel il a emprunté la mise en scène de plusieurs films récents, tels que REC ou Cloverfield. Mais l’horreur véhiculée par ses précédents films gore a laissé place à une simple angoisse de film d’action. Dommage !

L’histoire est simple : un groupe d’étudiants en cinéma apprend l’apparition de morts vivants dans tout le pays pendant qu’il est en train de filmer son propre film d’horreur amateur. Les jeunes choisissent alors de rentrer chez eux. Un voyage qui se transforme rapidement en fuite... Dans la lignée de Blair Witch et, plus récemment, Cloverfield, Diary of the Dead est filmé caméra au poing. Les étudiants se passent chacun leur tour les deux caméras dont ils disposent pour filmer leur parcours. Les estomacs sont cependant préservés : pas de nausées au rendez-vous, les plans sont relativement stables et l’image nette. Le cameraman devient un personnage à part entière du récit car les autres protagonistes s’adressent directement à lui en fixant l’objectif. Ce procédé n’est pas sans rappeler celui du film d’horreur REC, lorsque la journaliste parle constamment à son cameraman, que l’on ne voit qu’à la fin.

Le but de Romero est clair : mettre en place une réflexion sur les médias et la masse d’informations vidéo envoyées sur Internet par le commun des mortels. Ainsi, le réalisateur montre les étudiants en train de mettre leurs vidéos sur Youtube et les personnages cherchent régulièrement des renseignements sur l’invasion des zombies via la Toile. Le cameraman principal, prénommé Jason, est le personnage qui incarne à lui seul ce phénomène du « filmer tout, à tout prix ».Jusqu’à sa mort, il s’attache à sa devise « La caméra, c’est tout ce qui importe », préfère filmer une des étudiantes en train de se faire poursuivre par un zombie plutôt que d’intervenir, et se cramponne à sa caméra lorsqu’on lui ôte la vie.

Dénoncer un problème social à travers un film d’horreur.... Pourquoi pas ? Mais à force de vouloir faire du politico-gore, le réalisateur a oublié le but premier du film : effrayer. Or, on frissonne rarement devant Diary of the Dead. Sursaute-t-on ? Encore moins. Les scènes de carnage à l’hémoglobine ruisselante sont peu nombreuses par rapport aux opus précédents de Romero et certaines situations vont jusqu’à faire rire. L’actrice blonde qui lance avec beaucoup de sérieux « On ne fait pas chier les Texans » après avoir achevé un de ses amis devenu zombie, ou l’étudiant nommé Eliott qui, après des heures d’angoisse pour échapper aux morts-vivants, va prendre un bain... Moyen ! Les scenari de films gore dépeignent des situations irréelles , mais avec des scènes aussi bancales, la parodie guette.

Diary of the Dead n’est cependant pas un raté. Le spectateur lambda ne s’ennuyera pas, et pourra même savourer quelques moments agréables, comme la rencontre des étudiants avec un fermier amish sourd et muet, ou un jeu intéressant d’acteurs quasiment méconnus. Le film n’est pas ridicule, contrairement à Land of the Dead. On regrettera juste que la peur ne soit vraiment pas au rendez-vous....

Date de sortie : 25 Juin 2008 Réalisation : George A. Romero Scénario : George A. Romero Photographie : Adam Swica Musique : Norman Orenstein Interprétation : Michelle Morgan, Shawn Roberts, Nick Alachiotis,... Pays  : Etats-Unis d’Amérique Genre : Epouvante, horreur Durée  : 1h 35min Année de production  : 2007 Distribution : Bac Films Images © Bac Films

Pour aller plus loin :
Voir article de Pierre Fonsagrive : Romero, cinéaste engagé ?