Cinemapolis
Cinémapolis est le site des actualités du cinéma.

Accueil » Critiques » Films » Enfances
impression envoyer l'article par mail title=
  • Del.icio.us
  • Facebook
  • Google
  • Live
  • MySpace
  • Scoopeo
  • Wikio
  • Blogmarks
  • Mister wong
  • Viadeo
par Pierre Fonsagrive, mardi 22 juillet 2008
Enfances


L’idée séduit : un portrait d’enfance de six grands réalisateurs. D’où vient la mélancolie de Welles ? Le goût du secret d’Hitchcock ? Le fatalisme de Renoir ? Voilà pour l’objet de ces six petits courts métrages. Séduisant donc, surtout pour le cinéphile qui reconnaîtra, peut-être, dans ces noms, son panthéon personnel.

Est-ce pour autant valable cinématographiquement ? C’est-à-dire dramatiquement. Moins sûr. Sous cet angle, il n’y a plus que des anonymes et les armes du mérite sont à réacquérir. C’est, du reste, le problème éternel du biopic. Apprécier un film pour la citation, parce qu’on croit reconnaître une trogne bien connue et qu’il n’en faut pas plus pour satisfaire son intérêt, c’est ce qui fait le contentement du geek. Le drame s’efface derrière l’idolâtrie, ou plus subtilement, mais pas moins futilement, de l’hommage.

Bergman

L’exercice relève donc d’une légitimité ambiguë et il suffit de se remettre en mémoire combien était réussi Ed Wood de Tim Burton pour bien se rendre compte qu’au jeu du drame le général n’a pas plus de galons que le caporal. Quel est l’intérêt, alors ? Difficile à dire, sauf à se reconnaître un tantinet complaisant. A les voir d’ailleurs pour ce qu’elles sont, ces enfances ne sont effectivement rien de plus que celles de gosses ordinaires, en devenir si on voudra mais dont le prestige n’est pas encore acquis. Six gosses.

Yann Le Gal, à l’origine du projet, en refusant de donner le nom des réalisateurs dans chacun des films pour ne les révéler qu’à la fin – bien qu’on devine assez rapidement de qui il s’agit à chaque fois – se garde d’ailleurs, comme il peut, de tomber dans ce travers. Ceux-ci apparaissent en conclusion, accompagnés d’une citation personnelle relative à un souvenir d’enfance. Anonymes à visages découvert, personnalités sans face.

Hitchcock

Le film est donc bâti sur un postulat qui offre une cohérence thématique, mais qui n’est pas aussi intéressant qu’il pouvait sembler l’être. Il en reste une succession de saynètes, courtes, fluides, plaisantes à regarder dans l’ensemble, au gré desquelles la nouvelle génération s’amuse à singer l’ancienne, mais qui manque malgré tout de force.

Réalisateurs : Yann Le Gal, Ismaël Ferroukhi, Corinne Garfin, Joanna Hadjithomas, Khalil Joreige, Isild Le Besco et Safy Nebbou Scénario : Yann Le Gal Interprétation : Julie Gayet, Elsa Zilberstein Pays : France Genre : drame Durée : 1h20 Année de production : 2007 Distribution : Zelig Films distribution Images © Zelig Films Distribution

Voir en ligne : Le site officiel