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par Laurie Haslé, jeudi 17 janvier 2008
Hitman


Après l’adaptation ces dernières années de plusieurs jeux vidéo célèbres, il semblait peu probable qu’Hitman ne soit pas réalisé au cinéma. C’est désormais chose faite, grâce à Xavier Gens. En mettant en scène des acteurs plutôt crédibles, des clins d’Å“il évidents au jeu vidéo, des explosions dignes des derniers films d’espionnage (James Bond, Mission impossible) et un héros à la froideur de Jason Bourne, le film fait mouche. Hitman ravira les fans d’action pure, sans artifices.

L’agent 47 n’a ni prénom ni identité, à part un code barre tatoué sur la base du crâne depuis son enfance et sa formation au sein de l’organisation secrète nommée L’Agence. Cet homme au regard glacé est un tueur à gages renommé, dont la spécialité est de ne laisser aucune preuve derrière lui et de disparaître dans les secondes qui suivent l’exécution de sa mission. Jusqu’au jour où un contrat est placé sur sa tête par le candidat aux élections russes Belicoff. L’agent 47 se retrouve alors poursuivi par les services secrets russes, L’Agence et Interpol, avec dans le coffre de sa voiture la belle Nika, maîtresse de Belicoff.

Les balles fusent, l’hémoglobine s’échappe des corps mitraillés, les bombes explosent constamment... C’est pourtant loin d’être l’essentiel que l’on retient du long métrage Hitman, dont le réalisateur français a misé sur les effets violents et tape-à-l’Å“il, sans enlever la crédibilité de l’agent 47. Il est utile de saluer la présence de la jeune Nika, qui humanise nettement l’ensemble du film, sans pour autant tomber dans le mélo amoureux du héros "au cÅ“ur de pierre" changé par l’arrivée d’une femme. Pleine d’humour, de franc-parler et d’originalité, elle adoucit le sérieux du film. Les connaisseurs pourront entrevoir l’acteur qui endosse le rôle du pédophile T-Bag dans la série Prison Break. Mais rien que pour entendre sa vraie voix (celle du doubleur de Prison Break qui roule les r est à la limite du pitoyable), regarder Hitman en VOST est vivement conseillé. Dommage que le talent des second rôles n’ait pas été davantage utilisé : Robert Knepper et Dougray Scott en valaient la peine. Leurs personnages, piliers de la conspiration montée contre l’agent 47, sont à peine visibles…

Finalement, Hitman peut se vanter d’être distrayant et de profiter d’un jeu d’acteurs intéressants. Dans son genre, il se place aisément dans la lignée des "bonnes adaptations" de jeux vidéo, qui compte très peu d’élus depuis Silent Hill. Le héros est si parfait qu’il semble tout droit sorti de la console. Quant aux conspirations empreintes de guerre froide, le spectateur amateur du jeu vidéo n’en manque pas. Grâce à Hitman, le réalisateur français Xavier Gens saisit l’opportunité de se faire connaître du grand public. On pourra notamment revoir son talent dans son prochain film, Frontière(s), le 23 janvier.

Réalisation : Xavier Gens Scénario : Skip Woods d’après les personnages créés par Rasmus Guldberg-Kjaer Musique : Geoff Zanelli Photographie : Laurent Bares Interprétation : Timothy Olyphant, Dougray Scott, Olga Kurylenko Pays : Etats-Unis, France Genre : Action, Policier Durée : 1h 32min Année de production : 2007 Date de sortie en France : 26 décembre 2007 Distribution : EuropaCorp Distribution Images © EuropaCorp Distribution