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par Pierre Fonsagrive, mercredi 14 novembre 2007
Once


Petit film, petite ambition. On oscille entre la sympathie que peut susciter cette histoire d’artiste vagabond, tout en humilité, et le désintérêt pour un film qui manque d’audace et d’envie de bousculer le spectateur. C’est pour la même raison qu’on apprécie et déprécie le film.

Le titre du film révèle d’ailleurs bien cette volonté de l’auteur de ne pas raconter l’extraordinaire mais une de ces histoires d’amour qui vont et viennent, et finalement s’oublient. Pourquoi pas. La simplicité peut avoir valeur d’universalité. Malheureusement, tout est trop gentillet ici, les enjeux dramatiques sérieux s’évanouissent aussitôt qu’ils laissent entrevoir leur silhouette parce que John Carney ne veut vraisemblablement pas s’y risquer. Ni tragique ni passion, pas de conflit entre le désir et la réalité. Concernant un chanteur qui joue dans la rue pour avoir un peu d’argent, qui aspire à enregistrer son album et veut partir à la bonne fortune à Londres, il y a de quoi être déçu ou même surpris. Ainsi ses problèmes d’argent ne sont pas vraiment évoqués – seule l’image romantique du chanteur de rue reste – et finissent par être, pour tout dire, tout simplement évacués : on apprend qu’il travaille en fait dans la boutique de son père ; il n’aura pas non plus de difficulté à enregistrer ses chansons et renoncera tout bonnement à son départ aventureux pour la capitale anglaise – le film se déroule à Dublin. Aucun désir de se frotter là où ça pique, d’insuffler de la fougue à une histoire dont le postulat, pourtant, s’y prêtait plutôt bien.

La love story est du même tonneau : un flirt main dans la main, quelques moments complices et son lot de maladresse touchante. Quelque chose manque. Le prétexte du film spontané avec son tournage rapide et ses moyens réduits, plutôt que de donner une fraîcheur bienvenue à l’ensemble, confirme le sentiment que derrière cette attitude se cache peut-être plus de négligence que d’authenticité, et que davantage d’investissement dans l’écriture et le tournage n’aurait pas forcément nui à l’œuvre.

A noter que les compositions musicales sont de Glen Hansard, chanteur et guitariste de The Frames, qui tient dans le film le rôle principal.

Réalisation : John Carney Scénario : John Carney Musique : Glen Hansard Interprétation : Glen Hansard, Marketa Irglova Pays : Irlande Genre : Drame Durée : 1h25 Année de production : 2007 Date de sortie en France : 14 novembre 2007 Distribution : SND Images © SND