R. Guédiguian, auteur, réalisateur, engagé, parle de son enfance, de ce que fut sa vie, de ces rencontres qui la façonnèrent, notamment avec Gérard Meylan. En lisant ce petit livre, nous sommes avec Robert Guédiguian dans ce café de l’Estaque.
Le cinéma de Robert Guédiguian est intimement lié à la ville de Marseille, tels des contes populaires, genre qu’il affectionne. L’incontournable Marius et Jeannette, le superbe Marie Jo et ses deux amours ou l’un des plus sombres La Ville est tranquille.
Puis Robert Guédiguian quitte Marseille pour d’autres horizons, d’abord L’Arménie, un retour aux racines, et Paris, la ville où il vit et travaille, pour son film Le Champ de Mars sur François Mitterand. Il a besoin d’ être loin de Marseille pour y travailler sereinement.
Mais ce fut un tournant, car son retour dans la ville phocéenne a été difficile pour nous, spectateurs. Lady Jane manque de souffle, on y voit des acteurs empruntés, malgré leur grande expérience. La fin du film alourdit le récit qui n’en avait pas besoin. Comme si d’avoir tourné ailleurs et de s’attaquer à un genre nouveau, le polar, avait bloqué Robert Guédigiuan dans ce qu’il savait si bien faire, nous raconter une histoire.
Découvrir ce qu’est un réalisateur permet d’appréhender son Å“uvre différemment, de comprendre certaines prises de position, intéressant surtout lorsqu’il s’agit de Robert Guédiguian, très actif en politique. Cela peut aussi donner envie de redécouvrir, ou de découvrir, ces films en tant que réalisateur, mais également en tant que producteur, car Robert Guédiguian est aussi producteur avec sa société Agat Films. Il a produit notamment Lucas Belvaux, Pascale Ferran, Cédric Kahn et bien d’autres.
Le livre se lit comme on boirait une orangeade, assis sous un olivier, écoutant les cigales, ou la mer, ou les deux. Tranquille.